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La Grâce du Sillon

de
Cyril Le Tourneur d’Ison

2019 / 52 minutes / Production : 24images / Diffusion : France 3 Pays de la Loire


Ce film explore la mémoire du paysage mayennais qui conserve la trace d’héritages anciens. Mais cette mémoire est menacée de disparaître. Et le paysage s’efface peu à peu de notre imaginaire de la campagne. Car ses traces se dégradent au fur et à mesure des transformations anthropiques de l’espace. Comme si l’homme voulait se venger de la nature.

Témoin de cette disparition, un épouvantail vagabonde dans le paysage de la Mayenne. L’homme de pailles constitue une sorte de métaphore de la mémoire du paysage et de notre imaginaire. Il assiste secrètement à la métamorphose du monde rural depuis la fin de la civilisation paysanne, qui engloutit peu à peu les traces du passé, celles d’un paysage construit depuis des siècles.

Que reste-t-il de l’harmonie d’un héritage, celui de l’équilibre entre l’homme et la nature et son respect de la terre ? Dans son errance, l’épouvantail provoque ce questionnement qui entrouvre les portes du paysage une à une. Pour y répondre ils sont écrivain, cultivateur, enseignant, botaniste, syndicaliste, etc., qui témoignent de cette transformation du paysage. Mémoire, imaginaire, perception et expertise, nous disent que quelque chose est en train de changer, sans doute de façon définitive, dans les rapports que nous entretenons avec ce paysage.

« Nous sommes les enfants de notre paysage », écrit Lawrence Durrell. Qu’en avons-nous fait ? Deviendrons-nous ses orphelins quand sa mémoire aura disparu ? Du paysage histoire, dont l’emblème est le bocage dans la mémoire des hommes, au paysage du futur, le chemin s’assombrit face aux prédations du paradigme actuel : abattages massifs, agriculture industrielle, atteintes à la biodiversité, étalement urbain et surconsommation d’espace rural par les grands équipements.

Cette exploration d’un territoire pointe sans doute « la méduse du récent globalisme qui absorbe le bocage ». Mais son objectif est de révéler de quelle façon le conflit entre le réel et l’imaginaire détermine la manière dont nous nous comportons avec la nature, tandis que la mémoire du paysage disparaît. Face à la faillite d’un paysage rural programmée par la civilisation industrielle, rien de durable ne semble pouvoir s’envisager sans un sursaut des consciences.